L’Angola ne prendra plus en charge la médiation du conflit entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, ce dernier étant considéré comme l’agresseur de la RDC dans sa partie Est, sous couvert des terroristes du M23/AFC. La République d’Angola, qui détient la présidence en exercice de l’Union africaine depuis deux mois, a annoncé ce lundi 24 mars 2025 son retrait de ce processus visant à rétablir la paix entre les deux pays voisins.
Dans un communiqué, l’Angola a déclaré : « Il est temps de se libérer de la responsabilité de médiateur dans ce conflit à l’Est de la RDC, qui lui a été confiée, afin de se consacrer pleinement aux priorités générales de l’organisation continentale, liées à la paix et à la sécurité sur le continent, aux projets d’infrastructures, au commerce libre continental, à la lutte contre les épidémies, endémies et pandémies, au développement économique et social, ainsi qu’à la justice pour les Africains et les Afro-descendants par le biais de réparations. »
Les relations entre le Rwanda et la RDC sont conflictuelles et historiques, étant marquées depuis près de 30 ans par les conséquences du génocide de 1994. La résurgence du M23 dans l’Est de la RDC depuis la fin 2021 a exacerbé les tensions entre les deux pays voisins.
Depuis qu’en 2022 l’Union africaine a confié au président angolais la responsabilité de mener la médiation du conflit entre la RDC et le Rwanda, João Lourenço a multiplié les efforts pour obtenir une paix durable dans l’Est de la RDC et normaliser les relations entre les deux pays, mais sans succès.
Alors que tous les regards étaient tournés vers Luanda (Angola) pour des pourparlers directs entre la République démocratique du Congo et la délégation du M23, qui n’ont finalement pas eu lieu, une rencontre surprise s’est tenue le mardi 18 mars 2025 au Qatar, contre toute attente.
Les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame se sont rencontrés en secret à Doha, sous la médiation de l’émir Tamim ben Hamad Al-Thani.
Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Ils se sont également accordés sur les modalités d’exécution des accords issus des processus de Luanda et de Nairobi, selon le communiqué final de cette rencontre.
Avec son retrait de la médiation du conflit entre la RDC et le Rwanda, l’administration de João Lourenço a annoncé qu’un autre médiateur sera désigné. Cependant, un travail préalable doit être réalisé avec la Commission de l’Union africaine pour trouver un chef d’État d’un pays qui pourra assumer ce rôle. Ce dernier « sera bien sûr soutenu par les pays de la SADC, de la Communauté de l’Afrique de l’Est et les facilitateurs désignés pour le conflit ».
CK

