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Kinshasa
14 décembre, 2025 - 23:45:32
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[Tribune] L’instinct monarchique de Joseph Kabila

Hier, sur les ondes de la RFI, par la voix de Kikaya bin Karubi, l’un de ses fidèles, Joseph Kabila, a trahi ce que d’aucuns redoutaient déjà. L’ancien Président ayant troqué le manteau de sage pour la tunique de maquisard justifie désormais son alliance avec le M23 au nom d’une étrange passion pour le Congo. Il serait, dit-il, (En tant que qui ?) prêt à œuvrer avec tous ceux qui aiment passionnément le Congo. Faut-il comprendre que les auteurs du carnage de Goma, qu’il avait combattus hier, sont subitement devenus les passionnés du Congo ?

Quelle cynique perversion du langage ! Quel affront à la mémoire nationale !

Voilà que, par une déclaration malheureuse, l’ancien Président vient de remuer le couteau dans la plaie à peine cicatrisée du peuple congolais.

Pour plus d’honneur et de dignité, il aurait pu se taire pour continuer à inspirer respect et considération. Quand lui, le tyran d’hier, crie à la tyrannie aujourd’hui, subitement il réactive les images de Floribert Chebeya étranglé dans la nuit, d’Armand Tungulu abattu en silence, de Franck Ngyke, Rossy Mukendi et tant d’autres effacés par la main noire de son régime. La mémoire collective avait fait mine d’oublier. Mais lui, sans repentir, vient d’éveiller les douleurs que le Congo tentait d’enfouir dans les plis du pardon.

Jusqu’ici, nous lui avions réservé le respect dû à un ancien chef d’État. Mais voilà qu’il abdique ce statut de dignité pour épouser celui d’un rebelle. Après deux décennies de pouvoir absolu, le voilà convaincu que la RDC est une monarchie héréditaire où seul le sang des Kabila peut régner. Après avoir succédé au père, il a régné pendant 18 ans. Et maintenant, il revient avec les armes pour reconquérir un  » trône familial  » en marchant sur les cadavres des congolais.

Est-il concevable, dans une République que la direction de l’État soit considérée comme un droit de naissance et non comme une charge confiée par la souveraineté populaire ?

Tous les patriotes doivent se lever comme un seul homme pour dire non à cet affront et se ranger derrière le président de la République qui incarne la légalité. C’est ici qu’intervient aussi l’urgence pour le Président de la République de continuer à tendre la main à tous les leaders politiques qui s’opposent à lui mais qui refusent de pactiser avec le Rwanda et de tous ceux qui ne sont pas prêts à tolérer l’instauration d’une monarchie de fait en RDC.

Nous n’avons pas besoin de pactiser avec le diable pour obtenir un changement par les armes. La violence n’est pas une alternative à la démocratie, c’en est le viol. Si Joseph Kabila et son parti croyaient encore au peuple, ils n’auraient pas repris le chemin du maquis. Ils auraient sensibilisé, rassemblé, convaincu, mobilisé le peuple et tenté d’obtenir un changement même par la rue. Mais c’est parce qu’ils savent que le peuple n’est pas avec eux qu’ils viennent par la forêt, avec les fusils pour voler ce qu’ils ne peuvent gagner par les urnes.

Ils veulent marcher sur les cadavres des congolais pour reprendre Mont Ngaliema. Qu’ils sachent que le Congo n’est pas un héritage familial qu’ils vont reconquérir.
Enfin, à tous les cadres du PPRD et du FCC qui refusent ce naufrage moral, nous disons : sortez du milieu d’eux. Rejoignez le camp de la patrie pour bâtir l’avenir avec ceux qui croient encore en la République. Et rappelez-vous qu’un jour Tshisekedi partira. Un autre viendra. Ce n’est pas l’homme qu’on soutient, c’est l’institution. C’est cela la culture démocratique que le Congo doit enfin faire sienne.

Quant à Joseph Kabila, que l’histoire retienne qu’il aura été, non le bâtisseur de la démocratie, mais l’ombre tenace d’une ambition dynastique inassouvie. Et que le peuple congolais, dans un sursaut patriotique lui réponde par une seule phrase : Le Congo n’est pas un royaume.

Steve Mbikayi, député national

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