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13 mai, 2026 - 04:45:04
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Justice : Guillaume Ngefa fait de la lutte contre la corruption sa priorité absolue

Il ne se contente pas de paroles : Guillaume Ngefa Atondoko, nouveau ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, place la lutte contre la corruption au cœur de son mandat. Dès son premier briefing, mercredi 17 septembre à la RTNC, il a dénoncé la « chaîne » de pratiques corruptives qui gangrènent l’appareil judiciaire, des magistrats aux auxiliaires de justice, et a appelé à des sanctions strictes. Sa feuille de route combine réformes structurelles et modernisation du système : digitalisation des procédures, création d’un parquet financier et amélioration des conditions de détention. En dressant le constat alarmant des prisons surpeuplées, il montre que sa vision dépasse la simple gestion administrative : il s’agit de restaurer dignité et souveraineté dans une justice transparente et efficace. Ce signal fort réaffirme l’ambition du gouvernement de replacer l’État de droit au cœur du quotidien des Congolais.

Le ton est ferme, les mots sans détour. « Ma priorité, c’est de lutter contre la corruption », a martelé Guillaume Ngefa Atondoko, nouveau ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, mercredi 17 septembre lors d’un Special Briefing organisé au Studio Maman Angebi de la RTNC. À ses côtés, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a confirmé le soutien de l’exécutif à cette croisade présentée comme l’axe central d’un mandat placé sous le signe de l’assainissement de l’appareil judiciaire.

Une « chaîne » de corruption à briser

Pour Guillaume Ngefa, la corruption ne peut être réduite à quelques « brebis galeuses » dans la magistrature. Elle touche, selon lui, l’ensemble de la chaîne judiciaire : avocats, greffiers, secrétaires de parquet, huissiers. « Il faut des sanctions », a-t-il insisté, appelant à une collaboration étroite avec le Conseil supérieur de la magistrature afin de mettre fin à des « réseaux mafieux » profondément enracinés.

Le ministre d’Etat entend également moderniser l’administration de la justice grâce à la digitalisation des procédures, afin de sécuriser les dossiers et d’écarter les manipulations qui nourrissent les pratiques corruptives. « Nous devons passer à une justice transparente, traçable et accessible », a-t-il déclaré.

Conditions carcérales : un cri d’alarme

Au-delà de la corruption, Guillaume Ngefa a dressé un constat alarmant sur l’état des prisons congolaises. De retour d’une mission dans le Haut-Katanga et le Lualaba, il a révélé que la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi, compte 2 600 détenus, dont 800 atteints de tuberculose. « Nos compatriotes détenus ne doivent pas être considérés comme des personnes envoyées au mouroir », a-t-il lancé, réclamant un programme d’urgence sanitaire et de désengorgement.

La situation de Kasapa, selon lui, illustre la faillite d’un système pénitentiaire en crise chronique. Il appelle à une mobilisation nationale afin de restaurer la dignité des prisonniers et de protéger la santé publique.

Vers une justice souveraine

Pour renforcer la lutte contre les crimes économiques et le détournement des deniers publics, Guillaume Ngefa a confirmé sa volonté de créer un parquet financier spécialisé. Cet instrument, estime-t-il, sera « un outil clé pour traquer les prédateurs et redonner confiance aux citoyens ».

Sur le plan politique et sécuritaire, le ministre a rappelé la souveraineté de la justice congolaise, compétente pour instruire et juger les crimes commis sur son territoire, y compris ceux perpétrés par les troupes rwandaises. Une déclaration qui s’inscrit dans le contexte tendu de l’Est du pays, où des groupes armés tentent d’imposer leur loi, allant jusqu’à nommer illégalement des magistrats.

Un signal attendu

Avec ce plan d’action, Guillaume Ngefa cherche à rompre avec l’image d’une justice « dépendante, corrompue et inefficace ». Son discours marque la volonté de replacer l’État de droit au cœur des priorités gouvernementales. Reste à savoir si les moyens suivront, tant les défis sont immenses : améliorer les conditions de travail des magistrats, construire de nouvelles prisons, moderniser les infrastructures, tout en engageant une bataille frontale contre la corruption.

« La République a le devoir de protéger tous ses citoyens, y compris ceux privés de liberté. La prison ne doit pas être une condamnation à mort par négligence », a résumé le ministre, traçant la ligne directrice d’un mandat qui se veut combatif et réformateur.

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