« La majorité de nos prisons ont été construites avant l’indépendance et abritent aujourd’hui des centaines de compatriotes dans des conditions inhumaines », a reconnu Guillaume Ngefa Atondoko, ministre d’État en charge de la Justice, mercredi 17 septembre à Kinshasa. Au cours d’un briefing spécial en direct sur la télévision nationale (RTNC), il a détaillé ses priorités : la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, dont une prison à Maluku et un centre pour mineurs à Mbenseke Futi, ainsi qu’un vaste programme de modernisation budgétisé pour 2025-2026. S’exprimant sur la mise en œuvre des recommandations des États généraux de la Justice, le ministre a assuré que « des bonnes recommandations seront appliquées, car il s’agit de la continuité de l’État ». Quant à la pratique consistant à offrir des primes d’arrestation, autrement dit la mise à prix de personnes recherchées par la justice, il a été catégorique : “C’est illégal, ce n’est prévu par aucun texte de loi. Cela n’engage pas le gouvernement.
Réunis au Studio Maman Angebi de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), les ministres Guillaume Ngefa Atondoko (Justice) et Patrick Muyaya Katembwe (Communication et Médias) ont animé un Spécial Briefing consacré aux priorités du secteur de la justice. L’occasion pour le Garde des Sceaux de répondre aux préoccupations de la presse sur trois dossiers sensibles : l’application des recommandations des États généraux, la réforme carcérale et la polémique autour de prétendues rançons.
Des recommandations « appelées à s’appliquer »
Interpellé sur l’évaluation des États généraux de la Justice organisés en 2024, le ministre a rappelé que le rapport final est encore en consolidation, certaines recommandations ayant suscité des contestations. Mais il a insisté sur la volonté politique d’avancer : « Une fois que cela va être finalisé, il y a de bonnes recommandations. Nous ne manquerons pas de les appliquer, parce qu’il s’agit de la continuité de l’État », a affirmé Guillaume Ngefa.
Un programme ambitieux pour les prisons
Le cœur de son intervention a porté sur la question carcérale. « La majorité des lieux de détention ont été construits avant l’indépendance, conçus pour abriter quelques détenus. Aujourd’hui, ils en accueillent des centaines dans des situations très inhumaines », a-t-il reconnu.
Le ministre a présenté un programme de construction validé par les instances compétentes, comprenant une nouvelle prison à Maluku, un centre pour mineurs en conflit avec la loi à Mbenseke Futi et un autre établissement à proximité de l’ex-cité Maman Mobutu. Un terrain de 100 hectares à Maluku a déjà été acquis pour accueillir plusieurs infrastructures pénitentiaires, notamment des prisons dédiées aux femmes et aux mineurs. Ces projets figurent dans le budget 2025-2026. « Une fois les crédits débloqués, nous pourrons rapidement démarrer la construction », a-t-il assuré.
Une mise au point ferme sur les primes d’arrestation » ou « mise à prix
Enfin, le ministre a tenu à clarifier une problématique persistante : la pratique consistant à offrir des primes d’arrestation, autrement dit la mise à prix de personnes recherchées par la justice. Sa réponse a été sans équivoque : « Je ne me rappelle pas, dans notre législation, d’une disposition qui permet à l’État de demander des primes à la recherche d’une personne. Ni le code pénal, ni le code de procédure pénale, ni le code militaire ne le prévoient. C’est illégal et cela n’engage pas le gouvernement », a-t-il martelé.
Pitshou Mulumba

