À Bruxelles, le 11 octobre, Félix Tshisekedi a choisi la franchise et la fermeté. Face à une diaspora mobilisée, le chef de l’État a opposé une fin de non-recevoir catégorique à toute idée de négociation avec ceux qu’il qualifie d’« émissaires des agresseurs ». Tirant les leçons des dialogues politiques passés qui, selon lui, ont trop souvent affaibli l’État, il trace une ligne rouge claire : aucune brèche ne sera ouverte à l’ennemi pour saper le pouvoir national. Dans une posture d’autorité assumée, le président exige que tout dialogue entre Congolais parte d’un préalable : la désignation et la condamnation de l’agresseur. En ciblant ainsi les manœuvres politiques qui, à ses yeux, menacent la stabilité du pays, Félix Tshisekedi place la défense de la souveraineté au-dessus des compromis. Son message, lancé depuis le cœur de l’Europe, sonne comme un avertissement politique autant qu’un acte d’affirmation nationale face à une agression qu’il entend combattre sans ambiguïté.
Félix Tshisekedi a pris la parole, samedi 11 octobre à Bruxelles, devant plusieurs des membres de la diaspora congolaise. Loin d’un discours convenu, le chef de l’État a livré une position sans ambiguïté sur la question du dialogue politique. « On ne fait pas le dialogue avec les émissaires des agresseurs. Quand ils arrivent à la table de discussion, ils parlent que d’intérêts des agresseurs », a-t-il lancé, déclenchant une salve d’applaudissements.
Pour le président congolais, l’histoire récente du pays justifie une telle fermeté. Les dialogues politiques successifs ont souvent ouvert des failles qui ont été exploitées pour fragiliser l’appareil d’État. « À moins qu’on me dégomme, qu’on me tue, mais tant que je serai vivant, ça n’arrive pas », a-t-il martelé, balayant toute perspective d’un nouveau compromis avec des acteurs liés ou proches des forces hostiles à la République.
Cette position, qu’il qualifie lui-même de « ligne rouge », n’exclut pas pour autant un dialogue entre Congolais. « On veut d’un dialogue entre Congolais qui sont tous contre cette agression. La seule chose que je demande à ces gens qui veulent le dialogue, c’est de nommer et de condamner l’agresseur », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’un front intérieur uni avant toute discussion politique.
Le discours de Bruxelles intervient dans un contexte diplomatique délicat. Quelques jours plus tôt, le 9 octobre, le gouvernement rwandais avait publié une réaction critique à certaines déclarations du président congolais. Une réaction que Tshisekedi a accueillie avec sérénité. « On commençait à vouloir nous présenter comme des gens qui ne voulaient pas la paix, qui voulaient la guerre, et moi, j’ai voulu montrer au monde entier que ce n’est pas vrai, nous sommes les premiers à vouloir la paix », a-t-il expliqué.
Dans cette perspective, le chef de l’État a rappelé sa main tendue à Paul Kagame. Ce geste, salué par plusieurs partenaires internationaux présents lors de forums récents, témoigne de sa volonté d’une solution pacifique à la crise dans l’Est du pays, dans le cadre des processus de paix en cours, notamment à Doha et à Washington. « Laissez parler les aigris, les ignorants, nous, nous savons ce que nous faisons », a-t-il ajouté, réaffirmant sa confiance dans la trajectoire diplomatique choisie.
En Belgique, devant un auditoire conquis mais lucide, Félix Tshisekedi a donc clarifié sa stratégie : fermeté face aux agresseurs, ouverture envers ses compatriotes, et engagement constant en faveur de la paix. Un message destiné autant à la diaspora qu’aux partenaires internationaux, alors que la situation sécuritaire à l’Est reste une priorité nationale.
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