84.58 F
Kinshasa
20 janvier, 2026 - 14:01:51
Image default
ÉditoFlash InfosLa unePolitique

Accord de Washington à l’épreuve [Edito]

Un mois suffit parfois à éprouver la sincérité d’un processus de paix. Celui entériné à Washington n’échappe pas à la règle. Pensé comme une relance diplomatique décisive pour l’est de la République démocratique du Congo, l’accord s’est heurté, presque aussitôt, à la dureté du terrain. À Kinshasa, le constat est désormais posé sans détour. Sur Radio Okapi, la parole du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a marqué un tournant : celui d’une diplomatie qui refuse de confondre patience et naïveté.

Le fait déclencheur est connu. Six jours après la signature, l’occupation d’Uvira a dissipé l’illusion d’un apaisement immédiat. Pour les autorités congolaises, il ne s’agit ni d’un incident isolé ni d’une mauvaise lecture de l’accord, mais d’une méthode. Kigali et l’AFC/M23 sont accusés de transformer chaque engagement en écran de fumée, chaque cessez-le-feu en parenthèse tactique. Le langage est dur, assumé. Il traduit une exaspération nourrie par des cycles répétés de promesses suivies de violations.

Pour autant, Kinshasa ne se replie pas. Elle revendique au contraire une constance : avoir répondu à l’appel du médiateur américain, accepté les mécanismes conjoints, siégé dans les comités de supervision. La RDC joue le jeu multilatéral, convaincue que la paix durable passe par le droit et la médiation. Mais cette foi n’exclut plus la lucidité. Quand les armes parlent, les textes se vident de leur substance. Et quand les engagements sont bafoués, la responsabilité politique doit être nommée. À ce titre, le Rwanda est directement mis en cause, accusé de tester les limites de la patience internationale.

L’argumentation congolaise s’appuie sur une cohérence rarement soulignée : Washington, mais aussi Doha, où des mécanismes de cessez-le-feu avaient été arrêtés, avec des avancées saluées par la communauté internationale. Or, à chaque étape, la même récidive : reprise des combats, annonces de retraits non suivies d’effets, instrumentalisation humanitaire et communicationnelle. La dénonciation d’une « guerre de l’information » complète ce tableau, révélant un conflit qui se joue autant sur le terrain que dans les récits.

Face à cela, Kinshasa pose une ligne simple : pas de paix sans actes vérifiables. Conditionner la poursuite des négociations au retrait effectif des forces rebelles n’est pas un refus du dialogue, mais une exigence de crédibilité. Soutenu par le président Félix Tshisekedi, ce positionnement assume une fermeté mesurée : continuer à croire aux médiations, tout en rappelant que la souveraineté et la sécurité ne se négocient pas à perte.

L’appel est désormais clair. Aux médiateurs internationaux, il revient de traduire leurs déclarations en pressions effectives. À Kigali et à ses relais armés, il est demandé de choisir entre la paix signée et la guerre poursuivie. À défaut, la région s’enlisera dans un cycle que plus personne ne peut prétendre ignorer. La RDC, elle, a fait son choix : celui de la paix, mais d’une paix qui se prouve.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus