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16 avril, 2026 - 20:00:20
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Lubumbashi : plus de 3 500 enfants vivent en rupture familiale, alerte l’UNICEF

Une enquête conjointe de l’UNICEF et du ministère provincial du Genre, Famille et Enfants révèle une hausse inquiétante du nombre d’enfants de la rue à Lubumbashi. Concentrés au centre-ville, privés d’école et exposés à la délinquance ainsi qu’à la toxicomanie, ces mineurs illustrent l’échec des tentatives de réinsertion sociale et soulèvent de sérieuses préoccupations sécuritaires.

La ville de Lubumbashi fait face à une présence croissante d’enfants en rupture de liens familiaux, communément appelés « enfants de la rue ». Selon des données publiées, le week-end dernier lors du conseil des ministres, par l’UNICEF en collaboration avec le ministère provincial du Genre, Famille et Enfants, au moins 3 500 mineurs vivent actuellement dans cette situation. Ces chiffres ont été dévoilés à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfant, à l’issue d’une enquête menée sur une période de trois ans.

L’étude révèle une progression rapide du phénomène au fil des années. Dans le centre-ville, ces enfants se sont constitués en groupes occupant plusieurs points stratégiques, notamment la place Moïse-Tshombe, le rond-point 24 Heures, le marché Mzee et la gare centrale. Les plus jeunes, âgés d’environ 5 à 10 ans, survivent principalement grâce à la mendicité, tandis que les adolescents se tournent davantage vers des actes de vol, d’extorsion ou d’agression pour subvenir à leurs besoins.

Ces derniers s’emparent fréquemment de téléphones portables, sacs et autres effets personnels, souvent sous le regard impuissant des passants et, parfois, des forces de l’ordre. Cette situation alimente la criminalité urbaine et accentue le sentiment d’insécurité. Déjà en mars 2025, le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga avait tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication de ces enfants, signalant leur présence accrue aux abords des institutions publiques telles que la mairie, le gouvernorat, le parquet et les ministères. Il redoutait alors une dégradation sécuritaire comparable à celle observée dans certains pays où des groupes issus de la rue finissent par défier l’autorité de l’État.

Privés d’école, un avenir compromis

La majorité de ces enfants passent leurs nuits au centre-ville et reprennent chaque matin une routine marquée par la débrouille. Beaucoup sont en âge scolaire mais ne fréquentent aucun établissement. L’absence d’accès à l’éducation compromet sérieusement leur avenir et prive le pays d’un potentiel humain pourtant essentiel dans un contexte de besoin accru de compétences pour le développement national.

Autre réalité préoccupante : la consommation de colle industrielle, notamment la Pattex, inhalée à l’aide de petites bouteilles qu’ils gardent à la bouche durant la journée. Certains affirment que cette pratique leur permet d’atténuer la faim et de combattre l’ennui. Les professionnels de santé, en revanche, mettent en garde contre les effets nocifs de cette substance, responsable de troubles respiratoires et neurologiques, de confusion mentale ainsi que d’irritations de la gorge, avec des répercussions graves sur la santé physique et psychique.

Des tentatives de réinsertion peu concluantes

Plusieurs initiatives de réinsertion sociale ont été entreprises au fil des différentes administrations provinciales, sans résultats durables. De l’orphelinat de Lukuni aux opérations menées à Kaniama-Kasese, jusqu’aux actions plus récentes de l’hôtel de ville, aucune n’a permis de résorber significativement le phénomène. Les enfants demeurent nombreux dans les rues et l’insécurité persiste.

Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

 

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