Un pas de plus vers la structuration du cobalt artisanal congolais. En marge du Mining Indaba 2026, ERG Africa et l’Entreprise Génale du Cobalt (EGC) ont signé, le 11 février, un protocole d’accord destiné à encadrer et professionnaliser l’exploitation minière artisanale dans la province du Lualaba. Soutenu par le gouvernement congolais, ce partenariat public-privé vise à améliorer les conditions de travail, garantir la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement et répondre aux exigences internationales en matière de diligence raisonnable. Alors que la RDC demeure le premier producteur mondial de cobalt, cet accord ambitionne de concilier formalisation du secteur, sécurité des communautés et crédibilité sur les marchés internationaux.
En marge du Mining Indaba 2026, en présence du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ERG Africa et l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) ont signé, le 11 février 2026, un protocole d’accord (MoU) destiné à renforcer une exploitation artisanale du cobalt « durable et responsable » en République démocratique du Congo.
Ce protocole s’inscrit dans un partenariat public-privé visant à accélérer la formalisation, la professionnalisation et la redevabilité de l’exploitation minière artisanale (ASM). Il prévoit l’octroi à l’EGC de droits miniers sur une zone appartenant à ERG Africa, située dans la province du Lualaba.
Sécuriser la chaîne d’approvisionnement
Bien qu’aucune production d’ERG Africa ne provienne de l’ASM, le groupe s’engage à soutenir, aux côtés de l’EGC, du programme Cobalt for Development mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et des communautés locales, la structuration d’un secteur clé pour l’économie congolaise.
Le projet pilote prévu dans le MoU ambitionne de mettre en place un modèle structurant pour améliorer les conditions de travail des exploitants artisanaux et réduire les risques liés à l’exploitation informelle, notamment en matière de droits humains. Il entend également renforcer la cohésion sociale dans les zones minières, améliorer la protection de l’environnement et garantir la traçabilité et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement du cobalt, conformément à la vision du gouvernement.
La mise en œuvre se fera en coordination avec le ministère des Mines, l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés et des substances stratégiques (ARECOMS), le SEAMAPE, le CEEC, avec l’appui de la Gécamines. L’EGC assurera le pilotage opérationnel, ERG Africa agira comme facilitateur et la GIZ interviendra en tant que partenaire technique. Un opérateur tiers sera désigné pour superviser les opérations quotidiennes, tandis que des consultations publiques seront menées avec les communautés et la société civile.
Des engagements publics en faveur de la formalisation
S’exprimant lors de la cérémonie, Davron Vakhabov, président-directeur général d’ERG Africa, a déclaré : « Chez ERG Africa, nous croyons que l’exploitation minière artisanale légitime joue un rôle socio-économique important en RDC. Soutenir la formalisation de l’ensemble des activités ASM dans le cadre légal est essentiel pour améliorer la sécurité, la transparence et le bien-être des communautés. La signature de cet accord est un engagement concret dans cette direction. »
Pour sa part, Éric Kalala, directeur général de l’EGC, a souligné : « En encadrant et en supervisant l’exploitation minière artisanale sur un site délimité, nous garantissons une extraction responsable, conforme aux standards nationaux et internationaux, avec pour objectif de développer un modèle réplicable à long terme. »
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a salué une initiative conforme à la stratégie gouvernementale : « Pour la RDC, la solution est la formalisation, non l’exclusion. Notre approche repose sur un devoir de diligence aligné sur les principes de l’OCDE, la traçabilité et l’approvisionnement responsable, tout en répondant aux besoins des fabricants de batteries et des équipementiers en matière d’approvisionnement sûr et éthique. »
Il a rappelé que l’EGC est mandatée pour organiser la production artisanale de cobalt à travers des zones ASM dédiées, des coopératives structurées et des points d’achat contrôlés, afin de créer « les conditions d’un approvisionnement traçable et vérifiable auquel les acheteurs en aval peuvent faire confiance ».
Un enjeu stratégique pour la première réserve mondiale de cobalt
Premier producteur mondial de cobalt, la RDC fait face à un double impératif : sécuriser sa place centrale dans la transition énergétique mondiale tout en répondant aux critiques récurrentes sur les conditions d’exploitation artisanale.
Cet accord s’inscrit dans les priorités affichées par le président Félix Tshisekedi et son gouvernement en faveur d’un secteur minier plus formalisé, plus transparent et générateur d’une croissance durable et inclusive.
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