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26 juin, 2026 - 15:07:01
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Entretiens avec les présidents sud-africain, angolais et mozambicain : Tshisekedi consolide un front africain en soutien aux efforts de paix dans l’Est

Consolider un front africain pour soutenir les efforts de paix dans l’Est de la RDC : tel a été le fil conducteur des entretiens menés par Félix Tshisekedi avec ses homologues sud-africain, angolais et mozambicain en marge du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire, Kinshasa s’emploie à coordonner ses positions avec des partenaires clés du continent afin de défendre sa souveraineté, renforcer les mécanismes de cessez-le-feu et mobiliser un appui régional aux initiatives de médiation. Au-delà de l’urgence militaire, ces échanges traduisent aussi la volonté de bâtir une réponse africaine concertée autour des minerais stratégiques et de la stabilité économique régionale. Cette séquence diplomatique illustre l’option privilégiée par la RDC : ancrer la recherche d’une paix durable dans un cadre africain, fondé sur la coopération sécuritaire, la solidarité politique et des intérêts économiques partagés.

En marge du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a intensifié son offensive diplomatique en enchaînant les entretiens bilatéraux avec ses homologues sud-africain, mozambicain et angolais. Ces rencontres, tenues dans un contexte marqué par la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, ont porté sur le soutien régional aux initiatives de paix, la coopération sécuritaire et la coordination africaine face aux défis économiques et stratégiques.

Le chef de l’État congolais s’est d’abord entretenu dimanche avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Selon la présidence congolaise, les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les enjeux régionaux et le soutien de Pretoria aux efforts visant à mettre fin au conflit dans les provinces orientales congolaises. La question du retrait progressif du contingent sud-africain de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a également été abordée.

Cette rencontre est intervenue au lendemain d’une déclaration officielle du président sud-africain exprimant sa vive préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est congolais. « Nous réitérons que l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être maintenues et respectées. Nous condamnons la poursuite de la conquête des territoires par l’AFC/M23 dans les provinces du Kivu. De telles actions illégales doivent être corrigées de manière décisive », a déclaré Cyril Ramaphosa, réaffirmant le soutien de son pays à un règlement pacifique fondé sur le respect des engagements pris par les parties prenantes.

Les deux dirigeants ont également souligné la nécessité pour les États africains d’élaborer une position commune sur les minerais critiques, devenus un enjeu majeur de puissance et de développement. Kinshasa plaide pour une transformation locale des ressources, la traçabilité des chaînes d’approvisionnement et des partenariats équilibrés permettant un partage équitable des bénéfices. Cette convergence s’inscrit dans la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui promeut une industrialisation accrue du continent et un multilatéralisme fondé sur des principes.

Félix Tshisekedi a ensuite eu des échanges avec le président mozambicain Daniel Francisco Chapo. Les discussions ont porté sur les dynamiques sécuritaires complexes affectant les deux pays, notamment la lutte contre les groupes armés et les mouvements terroristes, ainsi que sur les perspectives de coopération économique et diplomatique. Le chef de l’État congolais a, à cette occasion, exprimé ses condoléances au peuple mozambicain à la suite des récentes inondations ayant frappé le pays.

Le président Chapo a insisté sur la nécessité d’harmoniser les positions africaines face aux menaces sécuritaires, évoquant les défis posés par les groupes armés dans l’Est de la RDC et l’insurrection dans la province mozambicaine de Cabo Delgado. De son côté, Félix Tshisekedi a plaidé pour un renforcement de la coopération régionale face aux menaces transnationales et aux circuits économiques illicites alimentant les conflits. Les deux chefs d’État ont convenu de la mise en place d’une commission mixte RDC–Mozambique chargée d’examiner les questions de sécurité, d’économie et de lutte contre les réseaux criminels.

Le président congolais s’est également entretenu avec son homologue angolais João Lourenço, dont le pays joue un rôle central dans les initiatives de médiation régionale. Cette rencontre s’inscrit dans les efforts menés par Luanda pour parvenir à une paix durable et vérifiable dans l’Est de la RDC. Les deux dirigeants ont souligné l’urgence d’opérationnaliser le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu signé le 14 octobre 2025 à Doha, destiné à garantir une cessation effective et contrôlée des hostilités.

Le respect de cet accord est considéré comme une condition indispensable au retour d’une paix durable et au rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences. Kinshasa et Luanda ont réaffirmé leur attachement au respect du droit international ainsi qu’à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des États.

Ces multiples rencontres témoignent d’une volonté affirmée de la RDC de mobiliser ses partenaires africains face à la crise persistante dans la région des Grands Lacs. En multipliant les consultations bilatérales, Félix Tshisekedi cherche à consolider un soutien politique et diplomatique susceptible d’accompagner les initiatives de paix et de renforcer la coopération sécuritaire continentale.

Dans un contexte où les enjeux sécuritaires, économiques et géopolitiques s’entremêlent, Addis-Abeba aura ainsi servi de plateforme pour une offensive diplomatique visant à ancrer la recherche d’une solution durable dans un cadre africain. Pour Kinshasa, la consolidation de ces alliances apparaît comme un levier essentiel pour restaurer la stabilité dans l’Est du pays et promouvoir une approche collective des défis qui traversent le continent.

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