Lors du forum provincial de paix organisé à Beni, les autorités et la société civile ont souligné que la lutte contre les ADF ne peut réussir sans l’implication active de la population. Après trois jours de discussions, les résolutions prises ont mis l’accent sur la collaboration entre civils et forces loyalistes, la dénonciation des suspects, la lutte contre la désinformation et la gestion responsable des réseaux sociaux. Une mobilisation citoyenne forte est essentielle pour renforcer la paix durablement dans le Nord-Kivu
Le forum provincial de paix du Nord-Kivu, clôturé le mercredi 25février à Beni, a mis en lumière un point crucial : la lutte contre les ADF ne peut réussir sans l’implication active de la population locale. Pendant trois jours de débats, autorités, société civile et partenaires sécuritaires ont souligné que si l’action militaire reste indispensable, la mobilisation citoyenne est primordiale pour éradiquer définitivement ce groupe terroriste.
Le communiqué final décrit les ADF comme un mouvement terroriste transnational lié à l’État islamique, qui se sert de la désinformation et de l’infiltration pour frapper les civils. Si les efforts des FARDC, soutenus par la MONUSCO et l’UPDF, ont été salués, les participants ont insisté sur un fait essentiel : la majorité de la solution repose sur l’engagement des communautés locales. Selon eux, seulement 30 % de la lutte contre les ADF dépend de l’action militaire, tandis que 70 % relève de l’implication citoyenne.
Dans les résolutions adoptées, la collaboration étroite entre civils et forces loyalistes apparaît comme une priorité. Il s’agit notamment de dénoncer les suspects, de lutter contre la propagation de la désinformation et de sensibiliser la population à un usage responsable des réseaux sociaux. Les participants ont aussi évoqué la nécessité d’une participation active des habitants dans la reconstruction du Nord-Kivu, avec un plan de relance économique et la réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires détruites.
Un autre point majeur de cette rencontre a été la mise en avant de la création d’un centre de rééducation pour les ex-otages, qui aurait également un rôle à jouer dans le processus de pacification et de réintégration des communautés touchées par les violences des ADF.
En conclusion, le forum a clairement établi que seule une synergie entre l’armée, les autorités et la population permettra de briser le cycle de violences des ADF et de restaurer durablement la paix dans la région. L’engagement des citoyens, loin d’être secondaire, se révèle être la clé de voûte de la paix et de la stabilité.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

