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19 avril, 2026 - 03:29:14
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Politique monétaire calibrée face aux chocs externes et aux équilibres internes : la BCC abaisse son taux directeur à 13,5 % et annonce un encadrement des devises à l’horizon 2027

Des décisions chiffrées pour contenir les risques et stabiliser l’économie. Réuni à Kinshasa, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a abaissé son taux directeur de 15 % à 13,5 %, tout en annonçant un encadrement strict des opérations en devises étrangères à l’horizon 2027. Dans un contexte international incertain, marqué par des tensions énergétiques persistantes, l’institution intervient alors que l’inflation est retombée à 2,2 % en mars 2026 et que la croissance est projetée à 6,2 %. Une ligne prudente mais structurée, visant à préserver la stabilité macroéconomique et à anticiper les chocs extérieurs.

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC) a rendu publiques, jeudi 9 avril à Kinshasa, une série de décisions majeures destinées à encadrer l’évolution de l’économie nationale dans un environnement international incertain. Réuni sous la présidence du gouverneur André Wameso Nkualoloki, le comité a opté pour une orientation monétaire prudente, articulée autour d’un assouplissement ciblé et d’un renforcement du contrôle des flux financiers.

Parmi les mesures phares figure la baisse du taux directeur de 1,5 point de pourcentage. Celui-ci passe de 15,0 % à 13,5 %. « Le Comité a décidé de baisser de 1,5 point de pourcentage le taux directeur », indique le communiqué, précisant que cette décision permet de maintenir un taux d’intérêt réel « largement positif » de 11,3 points par rapport à l’inflation. Dans le même élan, le taux d’intérêt sur les facilités de prêt marginal a été ramené de 19 % à 17,5 %.

Cette orientation traduit une volonté de soutenir l’activité économique tout en préservant les équilibres macroéconomiques. Le CPM a, en revanche, maintenu inchangés les coefficients de la réserve obligatoire, fixés à 10,5 % et 0,0 % pour les dépôts en monnaie nationale, et à 11,5 % et 10,5 % pour ceux en devises.

Dans le cadre de la gestion de la liquidité bancaire, une innovation a également été introduite avec la mise en place d’une maturité de six mois pour le Bon BCC, instrument clé de régulation monétaire.

Au-delà de ces ajustements techniques, la Banque centrale a pris des mesures structurelles visant à encadrer davantage le marché des devises. À compter du 9 avril 2027, l’institution s’arrogera l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères. « Aucune banque commerciale ne sera plus autorisée à effectuer l’importation physique des monnaies étrangères », précise le communiqué.

Dans la même logique, les transactions en espèces en devises étrangères seront interdites à cette échéance. « Toute transaction en espèces, en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale », a décidé le CPM. Ces mesures visent à renforcer la traçabilité des opérations, à lutter contre le blanchiment de capitaux et à harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, la BCC a confirmé le lancement d’une stratégie de diversification de ses réserves à travers l’accumulation d’or brut issu de l’exploitation artisanale, en partenariat avec DRC Gold Trading. « La Banque centrale a déjà commencé à accumuler de l’or brut […] en vue de le transformer en or monétaire », souligne le texte. Cette démarche vise notamment à renforcer la confiance dans la politique monétaire et à constituer un matelas de sécurité face aux chocs externes.

Une conjoncture mondiale sous pression

Ces décisions s’inscrivent dans un contexte international jugé préoccupant par le CPM. À l’échelle mondiale, la conjoncture économique demeure marquée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient. « Ce conflit perturbe les marchés énergétiques, augmente les charges logistiques et provoque la hausse des prix pétroliers », note le communiqué, évoquant des pressions inflationnistes persistantes et des perspectives de croissance assombries.

Le comité met également en garde contre la persistance de la hausse des prix du pétrole, le ralentissement du commerce mondial et la montée des mesures protectionnistes, autant de facteurs susceptibles de peser sur l’économie globale. Ces dynamiques pourraient, selon la BCC, exercer des pressions sur les finances publiques, le coût du carburant et le niveau des réserves de change.

Une économie nationale résiliente mais exposée

Sur le plan interne, la situation économique apparaît relativement stable. La croissance est projetée à 6,2 % en 2026, contre 5,8 % en 2025, soutenue par le dynamisme du secteur extractif et la bonne tenue des activités hors mines.

L’inflation, quant à elle, suit une trajectoire favorable. À fin mars 2026, elle s’est établie à 2,2 % en glissement annuel, contre 10,1 % un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par le suivi renforcé de la liquidité bancaire, mais aussi par des facteurs conjoncturels liés à la demande et à la saisonnalité.

Sur le marché des changes, le franc congolais affiche des évolutions contrastées, avec une légère appréciation sur le segment parallèle et une dépréciation sur le marché officiel.

Face à ces dynamiques, le CPM appelle à la poursuite de politiques économiques saines et à un renforcement de la coordination des actions publiques. L’objectif reste clair : consolider durablement la stabilité macroéconomique et accompagner la transformation structurelle de l’économie congolaise dans un environnement mondial incertain.

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