Un message direct au cœur d’une crise oubliée. En déplacement à Bamenda, dans le nord-ouest du Cameroun, le pape Léon XIV a dénoncé la violence persistante qui frappe les régions anglophones, en proie à un conflit séparatiste depuis près de dix ans. Pointant du doigt les logiques d’exploitation des ressources et le financement des conflits armés, le souverain pontife a mis en garde contre une « spirale de déstabilisation et de mort sans fin ». Une prise de parole forte, dans un contexte de crise humanitaire et sécuritaire qui continue de peser sur les populations civiles.
La voix du Vatican s’est élevée avec gravité depuis Bamenda. En visite dans le nord-ouest du Cameroun, épicentre de la crise anglophone, le pape Léon XIV a dénoncé, jeudi 16 avril, la persistance des violences qui secouent cette région en conflit depuis près d’une décennie. Devant une foule marquée par des années d’instabilité, le souverain pontife a livré un message sans ambiguïté sur les causes profondes et les conséquences de cette crise.
« Ceux qui dépouillent votre terre de ses ressources investissent généralement une grande partie des profits dans les armes, dans une spirale de déstabilisation et de mort sans fin », a-t-il déclaré, établissant un lien direct entre exploitation économique et prolongation des violences armées. Une déclaration rapportée notamment par France 24, qui souligne la dimension internationale de cet appel.
Depuis 2016, les régions anglophones du Cameroun, notamment le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sont en proie à un conflit opposant groupes séparatistes et forces gouvernementales. Ce face-à-face a engendré des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et une dégradation continue des conditions de vie. Dans ce contexte, la visite du pape revêt une portée symbolique et politique, alors que les appels au dialogue peinent à se traduire en avancées concrètes.
En dénonçant la « spirale de déstabilisation », le pape Léon XIV a également mis en garde contre les logiques économiques qui alimentent indirectement les conflits. L’exploitation des ressources naturelles, souvent évoquée dans les crises africaines, apparaît ici comme un facteur aggravant, contribuant à financer les acteurs armés et à entretenir l’instabilité. Le souverain pontife a ainsi appelé à une prise de conscience collective sur les responsabilités partagées, tant au niveau local qu’international.
Au-delà de la dénonciation, son message s’inscrit dans une volonté d’encourager la paix et la réconciliation. En s’adressant directement aux populations, mais aussi aux décideurs politiques et économiques, il a insisté sur la nécessité de rompre avec les cycles de violence. « La paix ne peut se construire sur l’exploitation et l’injustice », a-t-il laissé entendre, dans une exhortation à repenser les modèles de développement.
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