Face aux effondrements récurrents de bâtiments, à l’urbanisation désordonnée et à la fragilité de nombreuses infrastructures publiques, le gouvernement congolais engage une réforme technique de grande ampleur. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé mardi à Kinshasa les travaux d’élaboration des normes nationales de construction dans le secteur des infrastructures et travaux publics. Portée par le ministre John Banza, cette initiative vise à doter la RDC d’un référentiel technique adapté aux réalités locales afin de renforcer la qualité, la sécurité et la durabilité des ouvrages publics et privés dans un pays confronté à de lourds déficits en matière d’encadrement urbanistique.
Le gouvernement congolais veut poser les bases d’une nouvelle politique de construction en République démocratique du Congo. Mardi, à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé au lancement officiel de l’atelier inaugural consacré à l’élaboration des normes de construction des infrastructures et travaux publics, une initiative présentée comme un tournant stratégique dans la modernisation du secteur.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par la multiplication des constructions anarchiques, les défaillances techniques de certains ouvrages publics et les inquiétudes croissantes autour de la sécurité des infrastructures dans plusieurs villes du pays.
À travers ces travaux pilotés par le ministère des Infrastructures et Travaux publics, les autorités congolaises ambitionnent de doter le pays d’un cadre normatif national capable d’encadrer les pratiques de construction selon les réalités géographiques, climatiques et environnementales propres à la RDC.
Une réforme présentée comme un enjeu de souveraineté
L’atelier réunit des ingénieurs, architectes, urbanistes, experts techniques, partenaires institutionnels ainsi que plusieurs représentants des services publics concernés par les questions d’infrastructures et d’aménagement.
Pour le gouvernement, l’objectif dépasse le simple encadrement technique des constructions. Il s’agit également d’affirmer une forme de souveraineté technique nationale dans un secteur souvent dépendant de standards importés peu adaptés aux réalités congolaises.
« Le gouvernement que je dirige a fait de la transformation des infrastructures une priorité majeure de son action. Mais cette transformation ne peut être durable que si elle repose sur des fondations solides. Or, ces fondations sont d’abord normatives », a déclaré la Première ministre.
Elle a estimé qu’une normalisation rigoureuse constituait un outil indispensable pour lutter contre les malfaçons, les surcoûts et les risques liés aux constructions non conformes.
« Une norme juste, bien élaborée et bien appliquée est une garantie contre les malfaçons, contre le gaspillage des ressources publiques, contre la fragilité des ouvrages et contre les drames que peuvent provoquer des constructions mal conçues », a-t-elle ajouté.
Des standards adaptés aux réalités congolaises
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a pour sa part souligné la nécessité pour la RDC de disposer de standards techniques crédibles, adaptés aux spécificités du territoire national.
Selon lui, les normes actuellement utilisées dans plusieurs projets ne prennent pas toujours en compte les caractéristiques des sols, les contraintes climatiques ou les réalités environnementales propres au pays.
« Les pays ont besoin de règles claires, d’exigences techniques crédibles et d’un système de normalisation qui parle le langage du terrain et de l’excellence », a affirmé John Banza.
Le ministre a indiqué que la Commission nationale chargée de l’élaboration des normes de construction devra produire un référentiel national intégrant les spécificités géographiques, hydrologiques et environnementales de la RDC.
Huit sous-commissions mobilisées pendant six mois
Les travaux lancés à Kinshasa déboucheront sur l’installation de huit sous-commissions spécialisées qui auront six mois pour élaborer ce nouveau référentiel national de construction.
Les experts devront notamment travailler sur les normes relatives aux bâtiments publics, aux routes, aux ponts, aux matériaux de construction, à la sécurité des ouvrages ainsi qu’aux exigences environnementales et écologiques.
Pour les autorités congolaises, ce futur cadre normatif devra servir de base technique obligatoire dans la conception, l’exécution et le contrôle des infrastructures publiques et privées.
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