Le procès du général d’armée Christian Tshiwewe connaît un nouveau tournant. Devant la Haute Cour militaire, les avocats de l’ancien chef d’état-major général des FARDC ont sollicité mardi une liberté provisoire ou une liberté contrôlée, invoquant son statut de détenteur de « secrets de la défense » et contestant la régularité de la procédure engagée contre lui. La juridiction est désormais appelée à se prononcer sur cette requête avant la poursuite des débats au fond.
Le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a sollicité mardi, par l’entremise de ses avocats, une liberté provisoire ou une liberté contrôlée devant la Haute Cour militaire siégeant à Kinshasa. La défense estime que son maintien à la prison militaire de Ndolo n’est pas compatible avec les responsabilités qu’il a exercées à la tête de l’armée congolaise.
La demande a été formulée au cours d’une audience consacrée à l’examen du mémoire unique déposé par le collectif de la défense, appelé à développer ses moyens devant le premier président de la Haute Cour militaire.
Prenant la parole à l’audience, Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif des avocats du prévenu, a soutenu que le statut de son client justifie une mesure de mise en liberté.
« En tant que détenteur de secrets de la défense, le général Christian Tshiwewe, mon client, ne peut pas être détenu à la prison militaire de Ndolo », a déclaré l’avocat.
La défense a également fait valoir que l’ancien chef d’état-major présente toutes les garanties de représentation requises.
« Vous ferez œuvre utile de lui accorder cette liberté, Monsieur le président, car il ne peut pas se soustraire à la justice, étant donné que sa résidence, située à Gombe, est bien connue », a plaidé Me Kanyanga.
Au-delà de cette requête, les avocats ont soulevé ce qu’ils qualifient d’« irrégularités » imputables à l’organe poursuivant avant la saisine de la Haute Cour militaire, invitant les juges à en tirer les conséquences sur la suite de la procédure.
Ouvert le 4 juin 2026, le procès du général Christian Tshiwewe figure parmi les dossiers judiciaires les plus suivis du pays. L’ancien chef d’état-major général des FARDC comparaît aux côtés de plusieurs coaccusés.
Le ministère public le poursuit notamment pour des faits présumés de tentative de renversement du régime constitutionnel, de détention illégale d’un arsenal militaire, de trahison, de propagation de faux bruits, de désertion à l’étranger ainsi que d’incitation à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline militaire. Ces accusations sont contestées par la défense.
Le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha a occupé les fonctions de chef d’état-major général des FARDC de 2022 à janvier 2025. Officier supérieur de premier plan, il a dirigé l’armée congolaise dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Son procès devant la Haute Cour militaire est conduit conformément aux règles applicables aux hauts responsables militaires, cette juridiction étant compétente pour connaître des infractions qui leur sont reprochées.
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