Face aux défis de la désinformation et de l’intelligence artificielle, une nouvelle plateforme entend accompagner la mutation du paysage médiatique congolais. Lancée mercredi à Kinshasa sous l’impulsion de Prince Mayiro et en présence du président du CSAC, Christian Bosembe, l’association « La Voix de la presse » ambitionne de promouvoir un journalisme éthique, innovant et conforme aux standards internationaux, sans perdre de vue les réalités de la RDC.
Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a procédé mercredi, au Centre Wallonie-Bruxelles, à Kinshasa, au lancement officiel de l’association sans but lucratif « La Voix de la presse », une plateforme destinée à promouvoir un journalisme responsable, innovant et adapté aux mutations technologiques, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle.
Placée sous le thème « Le journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle : dangers et opportunités », cette initiative a réuni des professionnels des médias autour des enjeux liés à la qualité de l’information, à l’éthique et à l’évolution des pratiques journalistiques.
« La naissance de La Voix de la presse n’est pas seulement celle d’une structure, mais c’est un signal. Ce signal veut dire qu’une nouvelle génération refuse la médiocrité, refuse la manipulation, refuse l’instrumentalisation, refuse toutes sortes de mauvaises pratiques », a déclaré Christian Bosembe.
Le président du CSAC a rappelé que la crédibilité du journalisme repose sur la vérification des faits, la responsabilité et l’indépendance.
« Vous n’êtes pas appelés à être un relais d’opinion. Vous êtes appelés à être des producteurs de vérité (…). Le contre-pouvoir doit reposer sur trois piliers : la vérification des faits, la responsabilité dans la parole et l’indépendance réelle », a-t-il insisté, dénonçant la prolifération des rumeurs et des discours haineux dans certains médias.
Prenant la parole, le président de « La Voix de la presse », Prince Mayiro, a invité les journalistes congolais à s’approprier les nouveaux outils du métier afin de répondre aux exigences du paysage médiatique contemporain.
« Notre vision repose sur une certitude : le journalisme du XXIᵉ siècle ne peut plus être exercé avec les méthodes du siècle dernier. Les rédactions changent, le public change, les technologies changent. Le journaliste d’aujourd’hui doit maîtriser l’investigation, la narration numérique, la vidéo, les données, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les nouveaux outils de production de l’information », a-t-il déclaré.
Faire de « La Voix de la presse » un laboratoire permanent
Pour Prince Mayiro, la nouvelle association entend accompagner la transformation du secteur des médias en RDC à travers la formation et l’innovation.
« Si nous ne préparons pas cette transition, d’autres la feront à notre place. C’est pourquoi La Voix de la presse veut devenir un laboratoire permanent d’innovation journalistique. Nous voulons créer une culture de la formation continue, favoriser le partage d’expériences, encourager la recherche, accompagner les jeunes talents, valoriser les meilleures pratiques et rapprocher les journalistes congolais des standards internationaux, sans jamais perdre de vue les réalités de notre pays », a-t-il expliqué.
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