L’optimisme affiché par Washington contraste de plus en plus avec les démentis répétés de Téhéran. Alors que le président américain Donald Trump affirme que des avancées majeures ont été obtenues dans les négociations avec l’Iran, notamment sur les inspections nucléaires et la sécurité du détroit d’Ormuz, les autorités iraniennes contestent publiquement plusieurs de ses déclarations. Cette divergence de communication alimente les interrogations sur l’état réel des discussions et soulève des doutes quant aux perspectives d’un accord durable entre les deux pays.
Les négociations engagées entre les États-Unis et l’Iran continuent d’être marquées par des déclarations contradictoires qui compliquent la lecture du processus diplomatique en cours.
Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que Téhéran avait accepté des inspections sans limitation de durée de ses installations nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présentant cette concession comme l’une des avancées majeures des discussions.
« S’ils n’avaient pas accepté cela, il n’y aurait plus aucune négociation ! », a déclaré le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social.
Cette version a cependant été immédiatement contestée par les autorités iraniennes. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqhaei, a nié l’existence d’un quelconque accord spécifique sur ce sujet.
« Il n’existe tout simplement aucune procédure établie à ce sujet », a-t-il déclaré, tout en assurant que l’Iran continuerait à respecter « les procédures standards, déjà bien définies et transparentes ».
Le détroit d’Ormuz, nouveau point de tension
Les divergences concernent également l’avenir du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial des hydrocarbures.
Mercredi, Donald Trump a averti que les discussions diplomatiques prendraient fin immédiatement si l’Iran tentait d’imposer des frais de passage aux navires empruntant cette voie maritime.
Cette mise en garde intervient alors que Téhéran a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’appliquer certains frais liés à des services spécifiques dans le détroit.
Lors du récent sommet du G7, Donald Trump avait déjà assuré que cette route maritime demeurerait « exempte de péage » à long terme. Une position reprise par le secrétaire d’État Marco Rubio.
« Nous n’accepterons pas » l’instauration d’un droit de passage, a-t-il affirmé à son arrivée à Abou Dhabi.
Washington accuse Téhéran de brouiller les négociations
Les désaccords portent également sur le programme balistique iranien et sur l’utilisation des avoirs financiers qui pourraient être débloqués dans le cadre d’un futur accord.
Alors que le vice-président américain J.D. Vance a évoqué un mécanisme de contrôle des fonds libérés, les autorités iraniennes soutiennent que ces ressources resteront entièrement sous la souveraineté de Téhéran.
Pour plusieurs responsables américains, ces divergences relèveraient davantage d’une stratégie de communication que d’un désaccord de fond.
« Nous savons ce qu’ils ont accepté de faire, et maintenant ils le feront ou non », a déclaré Marco Rubio. « S’ils le font, le processus avancera ; sinon, le président devra prendre certaines décisions ».
La crédibilité de Donald Trump également questionnée
Si Washington accuse l’Iran de déformer le contenu des négociations, plusieurs observateurs rappellent que Donald Trump a lui-même été critiqué à plusieurs reprises pour des déclarations jugées exagérées ou inexactes.
Des médias américains, dont CNN, ont notamment relevé l’écart entre certaines affirmations présidentielles et les évaluations des services de renseignement concernant l’impact réel des frappes menées contre les installations nucléaires iraniennes.
Le New York Times estime par ailleurs que le président américain a souvent tendance à présenter comme acquis des éléments encore en discussion afin de créer une dynamique favorable aux négociations.
Cette lecture semble confortée par les propos du président iranien Masoud Pezeshkian, qui a rappelé que « l’efficacité des discussions dépend du respect intégral des obligations convenues et de leur mise en œuvre précise ».
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