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16 avril, 2026 - 19:49:11
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Après Jean-Marc Kabund, Libérations des opposants Mike Mukebayi et Seth Kikuni : un signal d’apaisement

La remise en liberté des opposants politiques Mike Mukebayi et Seth Kikuni, après celle récente de Jean-Marc Kabund, marque un tournant significatif dans la dynamique politique congolaise. Certes, la libération conditionnelle est une procédure judiciaire normale, régie par des critères légaux bien définis. Mais dans un contexte national sous haute tension, où l’unité est brandie comme une nécessité absolue face à la menace existentielle que représente l’agression rwandaise, ces décisions prennent une dimension politique indéniable. Le pouvoir en place, qui a multiplié les appels à la cohésion nationale, semble vouloir joindre la parole aux actes en apaisant le climat politique intérieur.

L’ancien député provincial Mike Mukebayi, l’influenceuse Denise Mukendi et l’opposant politique Seth Kikuni ont recouvré la liberté après leur libération de la prison centrale de Makala, le samedi 1ᵉʳ mars. Cette décision fait suite à une libération conditionnelle qui leur a été accordée, a annoncé le ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba Tungunga, sur son compte X (anciennement Twitter). Parallèlement, 801 bénéficiaires de la grâce présidentielle ont également été libérés de cette prison, a ajouté le ministre.

« Nous avons procédé ce jour à la libération conditionnelle de trois prisonniers ainsi qu’à celle de 801 bénéficiaires de la grâce présidentielle à la prison de Makala. Le processus de libération se poursuivra dans toutes les prisons du pays à partir de ce dimanche », a écrit Constant Mutamba Tungunga, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, sur son compte X.

L’ordonnance de grâce présidentielle avait été signée par le président Félix Tshisekedi le 31 décembre 2024. Cette mesure, visant à soulager les détenus condamnés à cinq ans ou moins, excluait cependant les crimes graves tels que le viol ou les atteintes à la sûreté de l’État. Le chef de l’État a justifié cette initiative comme un geste d’« humanité » et de « pardon » en cette période de fin d’année.

Seth Kikuni, opposant politique, avait été condamné à un an de prison par le tribunal de paix de Kinshasa-Gombe pour « incitation à la désobéissance civile » et « diffusion de fausses nouvelles ». Son arrestation, survenue le 2 septembre 2024, faisait suite à des déclarations controversées prononcées fin août à Lubumbashi. Le procureur avait initialement requis trois ans d’emprisonnement.

Mike Mukebayi, quant à lui, a passé 21 mois en détention préventive avant d’être condamné à 30 mois de servitude pénale par la cour d’appel de Kinshasa-Gombe, le 21 février 2025. Membre du parti politique Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, il avait été jugé pour « propagation de faux bruits » après sa participation à une émission télévisée locale.

Enfin, Denise Mukendi Dusauchoy, influenceuse se réclamant proche du régime en place, avait écopé de trois ans de prison pour « propagation de faux bruits, faux en écriture et injures publiques » à la rencontre de l’opposant Jacky Ndala et des services de renseignement congolais. Le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema, qui l’a jugée le 16 décembre 2024, a rejeté la demande du procureur qui réclamait huit ans de détention, rappelant que la peine maximale pouvant être prononcée par cette juridiction ne pouvait excéder cinq ans.

PM/Franck Yenga

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