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5 janvier, 2026 - 21:19:45
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Venezuela : Donald Trump affirme que les États-Unis vont « diriger le pays » après la capture de Nicolás Maduro

Washington assume. Après l’annonce de la capture de Nicolás Maduro à l’issue d’une offensive militaire de grande ampleur, Donald Trump a précisé la doctrine américaine : les États-Unis entendent « diriger le pays » pendant la période de transition et y installer des compagnies pétrolières américaines. Le président américain n’exclut pas non plus l’envoi de troupes au sol, affirmant que Washington « n’a pas peur » d’un engagement direct. Ces déclarations, inédites par leur franchise, ont immédiatement provoqué une cascade de réactions internationales. Tandis que Paris appelle à une transition démocratique confiée à l’opposant Edmundo González Urrutia, l’ONU et plusieurs puissances dénoncent une violation du droit international et un précédent dangereux. La crise vénézuélienne, désormais ouverte, met à nu les fractures d’un ordre international fragilisé, entre logique de puissance assumée et défense du multilatéralisme.

Les précisions américaines ont achevé de lever toute ambiguïté. Lors d’une conférence de presse samedi soir, Donald Trump a affirmé que les États-Unis allaient « diriger le Venezuela » à la suite de la capture du président Nicolás Maduro, intervenue après une attaque militaire qualifiée par Washington de « grande envergure ». Le chef de l’État américain a également déclaré que des compagnies pétrolières américaines seraient installées dans le pays, inscrivant explicitement l’opération dans une logique de contrôle politique et économique.

Surtout, Donald Trump a assumé la possibilité d’un engagement militaire prolongé. Les États-Unis n’ont « pas peur » d’envoyer des troupes au sol, a-t-il assuré, balayant les craintes d’une escalade régionale. Pour Washington, il s’agit d’ouvrir une « nouvelle ère » pour le Venezuela, selon les mots du département d’État, alors que la vice-présidente vénézuélienne dit ignorer où se trouvent Nicolás Maduro et son épouse et réclame une « preuve de vie ».

Paris appelle à une transition démocratique

À Paris, Emmanuel Macron a pris acte de la chute du régime Maduro, estimant que le peuple vénézuélien était « débarrassé » d’une dictature ayant « confisqué le pouvoir et piétiné les libertés fondamentales ». Le président français a toutefois insisté sur la nature de la phase qui s’ouvre : « La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », a-t-il écrit sur le réseau X.

Emmanuel Macron a indiqué souhaiter que Edmundo González Urrutia, opposant à Nicolás Maduro et reconnu par Paris comme élu en 2024, puisse assurer rapidement cette transition. La France dit rester « pleinement mobilisée et vigilante », notamment pour la sécurité de ses ressortissants.

Un précédent qui inquiète la communauté internationale

À New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude face à un possible non-respect du droit international, évoquant un « dangereux précédent ». Il a appelé l’ensemble des acteurs à privilégier le dialogue inclusif, dans le respect des droits humains et de l’État de droit.

En Amérique latine, plusieurs capitales dénoncent une atteinte grave à la souveraineté régionale. La Colombie et le Brésil ont condamné l’usage de la force, alertant sur le risque de déstabilisation durable, tandis que le Mexique a rejeté toute action militaire unilatérale. À l’inverse, le président argentin Javier Milei a salué l’opération américaine.

L’Union européenne, par la voix de sa diplomatie, appelle à la retenue et au respect de la Charte des Nations unies, réaffirmant son soutien à une transition pacifique. La Chine, la Russie et l’Iran ont, de leur côté, dénoncé une agression armée et une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne.

En revendiquant ouvertement la direction politique et économique du Venezuela, Washington rompt avec toute prudence lexicale. Une posture assumée qui transforme la crise en test majeur pour l’ordre international, partagé entre realpolitik décomplexée et défense du droit international.

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