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18 août, 2026 - 00:09:58
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BCC : André Wameso dresse le bilan d’un an de franc congolais fort, d’inflation en recul et de stabilité [Invité dans Space X animé par Stanis Bujakera]

Appréciation du franc congolais, recul de l’inflation, stabilité du taux de change, effets sur le pouvoir d’achat, etc. : André Wameso a dressé, jeudi, un bilan offensif de sa première année à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC). Invité dans Space X animé par Stanis Bujakera, le gouverneur a présenté le renforcement inédit de la monnaie nationale face au dollar comme le fait économique majeur de son mandat, affirmant que cette évolution a permis de restaurer la confiance dans le franc congolais et d’alléger certaines dépenses des ménages. Face aux critiques liant cette appréciation à une contraction des recettes de l’État, il s’est inscrit en faux et a soutenu que les économies réalisées sur les dépenses publiques en devises ont largement compensé les effets invoqués. Il a également mis en avant les réformes engagées sur le marché des changes, avant de désigner la transformation institutionnelle de la BCC et la digitalisation du système bancaire et financier comme les principaux chantiers encore ouverts.

Un peu plus d’un an après sa prise de fonctions, André Wameso a estimé que le fait marquant de son mandat n’avait pas seulement résidé dans un changement de politique, mais dans le regain de confiance suscité par l’évolution du franc congolais.

« Depuis le lancement du franc congolais en 1998, jamais notre monnaie nationale ne s’est appréciée face à la principale devise étrangère, le dollar américain, qui est en libre circulation dans notre pays. Et ça s’est fait », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a soutenu que cette appréciation avait ensuite été suivie d’une stabilité consolidée depuis plus d’une année, une évolution qui a, selon lui, « redonné l’espoir » et renforcé la confiance dans la monnaie nationale.

Il a toutefois évité de présenter ce bilan comme un succès personnel. « Ce n’est pas seulement le succès du gouverneur, mais c’est celui de l’ensemble des agents de la Banque centrale », a-t-il précisé, évoquant notamment une transparence accrue du marché des changes grâce à l’utilisation de la plateforme Bloomberg.

Digitalisation et transformation de la BCC

André Wameso a reconnu que plusieurs chantiers sont restés ouverts. Il a notamment placé la transformation de la Banque centrale au rang des priorités, avec l’objectif d’aligner davantage l’institution sur les standards internationaux.

« Le chantier le plus important à mes yeux, c’est la digitalisation de notre système bancaire et financier », a-t-il affirmé.

Sur la question du pouvoir d’achat, le gouverneur a contesté l’idée selon laquelle les ménages n’auraient pas ressenti les effets de l’appréciation du franc. Il a cité la baisse du coût du carburant, du pain et du ciment, ainsi que l’allègement, selon ses calculs, des dépenses exprimées en dollars, notamment les loyers et certains frais scolaires et académiques.

Interrogé sur une éventuelle baisse des recettes des régies financières, André Wameso s’est inscrit « en faux » contre l’interprétation établissant un lien direct avec l’appréciation du franc.

Il a soutenu qu’une analyse du budget devait également intégrer les économies réalisées sur les dépenses de l’État libellées en devises. Selon lui, l’appréciation de la monnaie nationale a réduit le coût en francs de certaines acquisitions publiques.

Le gouverneur a également affirmé qu’à fin juin 2026, les recettes avaient atteint 101 % des assignations budgétaires, dépassant ainsi l’objectif fixé de 1 %.

« Il n’y a pas eu d’impact négatif sur le budget de l’État à cause de l’appréciation du franc », a-t-il insisté, ajoutant que la révision budgétaire évoquée par certains observateurs avait résulté d’autres facteurs expliqués par les ministères concernés.

Revenant sur les effets de l’appréciation du franc sur les finances publiques, André Wameso a estimé que l’amélioration du pouvoir d’achat des agents rémunérés en monnaie nationale n’avait pas créé une contrainte insurmontable pour l’État. Selon lui, l’augmentation des recettes publiques avait permis d’absorber cette charge, le budget de 2026 ayant dépassé celui de 2025. Le gouverneur a également écarté l’idée selon laquelle les dépenses sécuritaires et d’urgence avaient constitué, à elles seules, une menace pour la stabilité du franc congolais. Il a plutôt mis en avant les performances des régies financières et l’encadrement de la gestion budgétaire par les ministères des Finances et du Budget. « Notre pays arrive à faire face aux dépenses, y compris aux dépenses sécuritaires », a-t-il affirmé, estimant que la stabilité monétaire est restée étroitement liée à la capacité de l’État à mobiliser ses recettes et à maîtriser l’exécution de ses dépenses.

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