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Kinshasa
18 août, 2026 - 00:26:18
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Tout en laissant ouverte la voie de la repentance, Patrick Muyaya sur le dialogue national : « Pas de place aux défenseurs des thèses du Rwanda »

Face à la menace extérieure, le dialogue national inclusif annoncé par Félix Tshisekedi a été présenté par le Porte-parole du gouvernement comme un rendez-vous de rassemblement des Congolais autour de la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Interpellé sur les lignes rouges et la place des acteurs ayant pris les armes, le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, a prévenu qu’aucun participant ne pourra venir y défendre « les thèses du Rwanda, l’ennemi ». Le porte-parole du gouvernement a ainsi appelé à la constitution d’un front intérieur autour du Chef de l’État, présenté comme un rempart contre toute velléité de balkanisation, tout en distinguant les Congolais engagés dans la défense du pays de ceux qu’il a qualifiés de « complices » de l’agression. Pour ces derniers, il a laissé ouverte la voie de la repentance, à condition qu’ils rompent avec toute complicité et s’inscrivent dans la défense de l’intérêt national.

Les lignes rouges fixées par le gouvernement dans la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est ont été maintenues, malgré l’annonce d’un dialogue national inclusif. Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a apporté cette précision lors d’un briefing de presse, lundi 17 août, en réponse à une question sur une éventuelle évolution de la position de Kinshasa dans le cadre de cette initiative voulue par le Président Félix Tshisekedi.

« Il n’y aura aucune forme de concession sur un seul millimètre carré de notre territoire », a déclaré le porte-parole du gouvernement. Il a également insisté sur le refus de toute compromission concernant les ressources naturelles et les violences commises contre les populations.

« Il n’y a plus question de laisser nos ressources minières être pillées, plus question du tout de faire une quelconque concession ou de compromission avec ceux qui massacrent nos populations », a-t-il affirmé.

Washington, Doha et le dialogue, trois cadres distincts

Patrick Muyaya a présenté la position du gouvernement autour de trois processus complémentaires. Le premier a concerné l’accord de Washington, conclu avec le Rwanda sous médiation américaine. Selon lui, les exigences de Kinshasa relatives à la souveraineté et à l’intégrité territoriale ont été intégrées dans cet accord.

Le deuxième processus a porté sur les discussions de Doha avec l’AFC/M23. Pour le gouvernement, cette démarche a visé à répondre à la dimension sécuritaire de la crise et à obtenir la fin de l’existence de la rébellion sous sa forme actuelle.

Le ministre a rappelé que Kinshasa avait engagé plusieurs actions prévues dans les mécanismes conclus, notamment dans le cadre de la restitution de prisonniers et du mécanisme de vérification du cessez-le-feu.

L’objectif, a-t-il expliqué, a consisté à « desserrer l’étau sur nos populations », à mettre fin à la « gouvernance par le crime », à obtenir le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation de tout soutien au M23.

Un dialogue pour consolider le front intérieur

C’est dans ce contexte que Patrick Muyaya a replacé le dialogue national inclusif annoncé par le Chef de l’État. Pour lui, cette initiative n’a pas été conçue comme un espace de renégociation des lignes rouges déjà fixées, mais comme un cadre de concertation entre Congolais afin de renforcer l’unité nationale face à la menace extérieure.

« Nous voulons dialoguer ensemble pour créer un front commun contre l’agression », a-t-il déclaré, estimant que l’intégrité territoriale avait constitué un point autour duquel les Congolais attachés à la défense du pays ont été appelés à se retrouver.

Le porte-parole du gouvernement a toutefois fixé une limite claire quant à la participation à ce processus. « Il ne faudrait pas qu’il y ait un Congolais qui vienne siéger dans ce dialogue-là pour défendre les thèses du Rwanda, l’ennemi », a-t-il insisté.

Sans anticiper les conclusions des travaux préparatoires sur le statut des personnes ayant pris les armes, Patrick Muyaya a affirmé que le dialogue a été appelé à réunir des acteurs disposés à discuter des problèmes internes du pays, et non à légitimer des positions contraires aux intérêts de la RDC.

Mobondo : le gouvernement évoque un conflit foncier

Ce briefing, consacré à la pacification et à la restauration de l’autorité de l’État dans les espaces autrefois touchés par le phénomène Mobondo dans le triangle Grand Bandundu–Kongo Central–Kinshasa, a également permis au ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, de revenir sur les causes du conflit.

« Ce n’est pas un conflit communautaire, c’est un conflit foncier qui a dégénéré », a-t-il déclaré, rejetant l’assimilation de communautés entières au phénomène Mobondo.

Interrogé sur les armes encore détenues par les miliciens, Eliezer Ntambwe a reconnu l’absence d’une estimation globale, affirmant ne pouvoir communiquer que le nombre d’armes récupérées. Concernant le chef présumé Cobra, il a assuré que les autorités ont privilégié une démarche visant à obtenir sa reddition dans le cadre du processus de pacification.

« Ce que nous voulons, nous, en tant qu’État, c’est qu’il puisse se rendre », a-t-il conclu, alors que le gouvernement a poursuivi son objectif de restaurer durablement l’autorité de l’État dans les zones affectées.

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