Dix ans après sa création, le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD) ouvre une nouvelle étape de son histoire sous le signe de la souveraineté stratégique, de l’anticipation et de la coopération africaine. Jeudi au Palais du peuple, Félix Tshisekedi, aux côtés de son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, a fixé cinq priorités majeures à l’institution, appelée à renforcer sa recherche, sa prospective et son rôle dans la formation des élites. La cérémonie a également consacré 1 692 lauréats du CHESD et de l’École supérieure d’administration militaire, tandis que les responsables de l’institution et leurs partenaires ont dressé le bilan d’une décennie consacrée à la défense, à la sécurité et à la production de la pensée stratégique.
La République démocratique du Congo a célébré, jeudi au Palais du peuple à Kinshasa, le 10e anniversaire du Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), au cours d’une cérémonie marquée par la clôture de l’année académique 2025-2026, l’ouverture de l’année 2026-2027 et la remise des diplômes à 1 692 lauréats.
La cérémonie a été coprésidée par le Président Félix Tshisekedi et son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine. Les présidents Denis Sassou-Nguesso de la République du Congo et Faustin-Archange Touadéra de la République centrafricaine y ont été représentés par leurs ministres de la Défense respectifs.
À l’occasion de cet anniversaire, le Chef de l’État congolais a fixé cinq priorités majeures au CHESD pour sa deuxième décennie d’existence, plaçant la production d’une pensée stratégique nationale au centre de ses missions.
La pensée souveraine comme première exigence
« La première est celle de la pensée souveraine. Le CHESD doit renforcer la recherche stratégique, contribuer à l’élaboration de notre doctrine nationale de défense et de sécurité, produire des études de référence et mettre à la disposition des décideurs des analyses rigoureuses, objectives et directement mobilisables », a déclaré Félix Tshisekedi.
« Penser par nous-mêmes est la première condition pour décider librement et agir souverainement », a-t-il ajouté.
Le Président de la République a également insisté sur l’anticipation, estimant que le Collège doit renforcer sa capacité permanente de veille stratégique et de prospective à travers la maîtrise des données, l’analyse des scénarios, la simulation des crises et l’alerte précoce.
La souveraineté numérique et informationnelle ainsi que l’ouverture africaine et la coopération régionale figurent également parmi les priorités assignées à l’institution.
1 692 lauréats diplômés
Moment fort de cette cérémonie, les présidents Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye, accompagnés des représentants de la République du Congo et de la République centrafricaine, ont remis les diplômes de mérite à 1 692 lauréats issus des différentes promotions du CHESD et de l’École supérieure d’administration militaire (ESAM).

Pour le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, cette décennie constitue à la fois un bilan et un nouveau point de départ pour l’institution.
« Dix ans après sa mise en place, le CHESD peut regarder son parcours avec fierté et son avenir avec ambition », a-t-il déclaré.
Le vice-Premier ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à consolider les acquis de cette institution afin qu’elle continue à constituer « un espace d’excellence, d’anticipation et de production de connaissances au service de la défense et de la sécurité nationale ».
Une décennie de formation et de réflexion
Le directeur général du CHESD, le général-major Augustin Mamba, a, pour sa part, dressé le bilan des dix années d’existence de l’institution, créée en 2016 avec l’ambition de doter la RDC et le continent africain d’un cadre de formation et de réflexion stratégique de haut niveau.
« Dix années se sont écoulées, dix années de construction institutionnelle, dix années consacrées à la formation des élites, dix années de réflexion, de recherche et de production de la pensée stratégique », a-t-il résumé.
Selon lui, le CHESD s’est progressivement affirmé comme un instrument de formation et de recherche à vocation nationale, régionale et internationale, chargé de préparer des décideurs capables de comprendre les transformations de leur environnement, d’anticiper les risques et d’éclairer les décisions publiques.
Face aux défis sécuritaires
Intervenant au nom de l’Institut Thémis, partenaire du CHESD, le général Gilles Rouby a souligné la nécessité de maintenir et de renforcer cette mission dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est de la RDC et par les tensions internationales susceptibles d’avoir des répercussions sur le continent africain.
« La situation du pays à l’Est l’exige au quotidien, et également parce qu’une insécurité grandissante règne désormais tout autour du continent africain », a-t-il déclaré, évoquant notamment les conséquences stratégiques des conflits internationaux.
Pour lui, l’enseignement dispensé depuis dix ans au CHESD s’est concentré sur le développement des compétences militaires et sécuritaires stratégiques nécessaires à la conduite des opérations.
Au terme de cette commémoration, le CHESD entre ainsi dans sa deuxième décennie avec une feuille de route centrée sur la souveraineté de la pensée, l’anticipation des menaces, la maîtrise des enjeux numériques et le renforcement de la coopération africaine, dans un contexte où la formation des élites et la production d’analyses stratégiques vont continuer à occuper une place centrale dans les politiques de défense et de sécurité.
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