Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, a vivement accusé, mercredi 26 mars, le Rwanda de préparer une offensive contre son pays et d’avoir été l’instigateur du coup d’État manqué de 2015. Des déclarations lourdes de conséquences, susceptibles de raviver des tensions historiques entre Bujumbura et Kigali.
Le climat diplomatique entre le Burundi et le Rwanda, déjà marqué par des relations fluctuantes depuis plusieurs années, vient de connaître une nouvelle escalade. Lors d’une sortie médiatique mercredi 26 mars, le président burundais Evariste Ndayishimiye a pointé du doigt Kigali, qu’il accuse non seulement de projeter une attaque contre son pays, mais également d’avoir joué un rôle clé dans la tentative de coup d’État de 2015 contre son précédent, feu Pierre Nkurunziza.
« Le Rwanda planifie une attaque contre le Burundi et c’est lui aussi l’auteur du coup d’État de 2015. Il a organisé, recruté, financé et formé les jeunes du camp de Mahama en leur fournissant des armes », a affirmé le chef de l’État burundais dans des propositions relayées par le média français France24.
Le président Ndayishimiye a précisé que des renseignements fiables avaient été obtenus au sujet des intentions belliqueuses du régime rwandais. « Nous avons reçu des informations crédibles selon lesquelles le Rwanda avait l’intention d’attaquer notre pays. Nous ne restons pas inactifs si nous sommes attaqués par le Rwanda », a-t-il averti, avec un ton mêlant fermeté et mise en garde.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional tendu, alors que les deux pays voisins, bien que partageant une histoire culturelle commune, ont souvent été en désaccord sur des questions sécuritaires, frontales et de gestion des réfugiés. Le camp de Mahama, situé au Rwanda, accueille depuis plusieurs années des réfugiés burundais ayant fui la répression politique, notamment à la suite des troubles électoraux de 2015. Bujumbura accuse régulièrement Kigali d’y entretenir des éléments armés opposés au pouvoir en place.
Jusqu’à présent, le Rwanda n’a pas réagi à ces accusations, mais la communauté internationale, déjà préoccupée par l’instabilité persistante dans la région des Grands Lacs, pourrait s’en trouver davantage alarmée. Les appels à la désescalade et à la médiation ne devraient pas tarder à s’intensifier, notamment au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de l’Union africaine.
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