La décision était attendue, elle est tombée comme un rappel cinglant des zones d’ombre laissées par l’ancien régime congolais. En requérant cinq ans de prison contre Emmanuel Adrupiako, ex-conseiller financier de Joseph Kabila, le parquet fédéral belge remet en lumière l’une des plus sensibles affaires de l’ère post-Kabila : celle du contrat Semlex, symbole des dérives d’un pouvoir accusé d’opacité et de connivences. L’enquête, relancée à Bruxelles, ne vise pas seulement un homme, mais un système dont les ramifications continuent de produire des secousses politiques à Kinshasa. À l’heure où la RDC veut reconstruire sa gouvernance et restaurer la confiance dans ses institutions, ce nouveau chapitre judiciaire rappelle que la transparence n’est pas un slogan, mais une bataille qui se poursuit devant les tribunaux et dans l’opinion.
La justice belge a demandé, vendredi, une peine de cinq ans de prison contre Emmanuel Adrupiako, ancien conseiller financier de Joseph Kabila. Une réquisition qui ranime les débats autour des pratiques de l’ex-pouvoir congolais, notamment dans le dossier Semlex, du nom de la société belge qui avait obtenu, en 2015, le lucratif contrat de production des passeports biométriques de la République démocratique du Congo.
Un dossier sensible qui poursuit l’ancien régime
Le nom d’Adrupiako réapparaît aujourd’hui dans la procédure menée à Bruxelles, où une juge d’instruction a par ailleurs délivré un mandat d’arrêt à son encontre. Cette action judiciaire intervient dans le sillage des soupçons de corruption et de surfacturation qui avaient entouré l’accord signé sous le régime Kabila. Le coût élevé du passeport biométrique — parmi les plus chers d’Afrique — avait à l’époque suscité une forte indignation, alimentant le sentiment d’une collusion entre Semlex et une société liée à l’ancien président.
Si le contrat contesté a été résilié en 2020, le dossier, lui, n’a jamais cessé de suivre les anciens responsables. Des accords transitoires avaient permis à Semlex de poursuivre la production des passeports, le temps que l’État congolais réorganise le dispositif. La justice belge cherche désormais à déterminer les responsabilités individuelles dans les flux financiers et les mécanismes contractuels qui avaient alimenté les soupçons.
Pour Kinshasa, cette relance judiciaire intervient dans un contexte où les autorités affirment vouloir renforcer la gouvernance publique et rompre avec les pratiques du passé.
Dans ce dossier emblématique, la justice belge poursuit son travail, tandis que la RDC tente d’avancer vers plus de transparence. Une dynamique que le pouvoir actuel présente régulièrement comme l’un des piliers de sa stratégie de réforme.
Infos27

