La hiérarchie militaire congolaise a voulu lever toute équivoque. Lundi 29 décembre, le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a décidé de suspendre le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée, après des propos tenus sur les antennes de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC). Dans un communiqué officiel, l’État-major général « condamne les propos stigmatisant la communauté tutsie » et précise que cette prise de parole « ne reflète en rien la position officielle de la République démocratique du Congo, ni celle du Commandant suprême des FARDC, encore moins celle du Gouvernement ». En prononçant la suspension immédiate de l’officier, le chef d’état-major entend dissocier clairement une expression individuelle d’une ligne d’État jugée « incompatible avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles dévolues aux FARDC ». Ce rappel s’inscrit dans une orientation politique constante. Face aux discours identitaires et aux tentatives de manipulation régionale, le président Félix Tshisekedi a toujours affirmé, sans détour, que la citoyenneté congolaise est une et indivisible. Le 22 février 2024, il rappelait publiquement que les Banyamulenge et, plus largement, les Tutsi congolais sont des citoyens à part entière de la République démocratique du Congo. Au-delà d’un message interne, cette position vise aussi à couper court aux justifications avancées par Kigali, fondées sur la prétendue protection de communautés menacées. En martelant la non-discrimination et l’égalité devant la nation, les autorités placent le débat sur un terrain politique et juridique limpide : souveraineté, unité nationale et refus de toute instrumentalisation ethnique, à l’heure où les mots, autant que les armes, peuvent nourrir les conflits.
La hiérarchie militaire congolaise a tranché pour lever toute ambiguïté. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont suspendu leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, après des propos tenus lors d’une communication diffusée sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC). Une décision officialisée par un communiqué de l’État-major général, daté du 28 décembre 2025, qui se veut à la fois disciplinaire, politique et institutionnel. Dans ce document, le commandement militaire « condamne les propos tenus par le général-major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain, stigmatisant la communauté tutsie » lors de son intervention télévisée du samedi 27 décembre. Tirant « les conséquences de cet acte », l’État-major annonce qu’« il a été décidé la suspension du précité de ses fonctions de porte-parole des FARDC ». La sanction est immédiate, sans ambiguïté, et vise à circonscrire une parole jugée incompatible avec la mission de l’institution.
En évoquant un supposé stratagème démographique attribué à des femmes de la communauté tutsie, présenté comme un moyen de perpétuer une prétendue domination communautaire, l’officier a exprimé des appréciations personnelles qui ont suscité une vive controverse. L’État-major prend soin de dissocier clairement cette prise de parole de toute ligne officielle. « Les propos décriés ne reflètent en rien la position officielle de la République démocratique du Congo », souligne le communiqué, précisant qu’ils ne correspondent « ni à celle du Commandant suprême des FARDC, Son Excellence Monsieur le Président de la République, encore moins à celle du Gouvernement ».
Ce rappel est central. Il vise précisément à empêcher toute confusion entre une expression individuelle, fût-elle prononcée par un haut gradé, et la doctrine de l’État congolais. L’État-major va plus loin, qualifiant ces déclarations d’« incompatibles avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles dévolues aux FARDC ». Autrement dit, la question n’est pas seulement morale ou communicationnelle : elle touche au cœur même du rôle assigné à l’armée nationale par la Constitution.
Face aux discours identitaires et aux tentatives de manipulation régionale, le président Félix Tshisekedi a, de son côté, toujours privilégié la clarté, sans détour ni équivoque : la citoyenneté congolaise ne se négocie pas et ne se hiérarchise pas. Le 22 février 2024, il rappelait publiquement que les Banyamulenge et, plus largement, les Tutsi congolais sont des citoyens à part entière de la République démocratique du Congo. Une position qui s’inscrit dans une continuité assumée et que le communiqué militaire vient, indirectement, réaffirmer.
Au-delà du message interne, cette ligne vise aussi à couper court aux arguments régulièrement avancés par Kigali, qui prétend intervenir dans l’est de la RDC pour protéger des communautés menacées. En martelant le principe de non-discrimination et l’égalité devant la nation, les autorités congolaises déplacent le débat sur un terrain politique et juridique clair : celui de la souveraineté, de l’unité nationale et du refus de toute instrumentalisation ethnique.
L’État-major général rappelle d’ailleurs la vocation fondamentale de l’armée : « défendre et protéger, avec discipline et professionnalisme, la souveraineté et l’intégrité territoriale de notre pays », mais aussi « assurer la sécurité de toutes les Congolaises et de tous les Congolais, sans aucune distinction, jusqu’au sacrifice suprême ». Une formulation lourde de sens, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par les tensions persistantes dans l’est du pays.
Enfin, le communiqué élargit la portée de la décision en s’adressant à l’ensemble de la société congolaise. « En cette période cruciale, l’État-major général appelle l’ensemble de la population à l’unité, à la cohésion et au rejet de tout discours de haine », peut-on lire, afin de « soutenir les FARDC dans l’accomplissement de leur noble mission ». Une injonction qui dépasse le seul cadre militaire et engage la responsabilité collective face aux mots qui divisent.
Une discipline de parole en temps de crise
Au-delà du cas individuel de Sylvain Ekenge, l’affaire pose la question, toujours sensible, de la responsabilité de la parole publique au sein des forces armées. Porte-voix de l’institution, le porte-parole incarne une ligne officielle, calibrée, rigoureuse, qui engage l’État dans son ensemble. Toute déviation, surtout lorsqu’elle touche aux identités et aux appartenances, est susceptible de fragiliser l’effort de cohésion nationale et d’alimenter des fractures que la guerre rend déjà béantes.
En suspendant son porte-parole, la hiérarchie militaire congolaise envoie donc un message clair : la lutte contre l’ennemi ne saurait se confondre avec des amalgames identitaires. Et en période de crise, la discipline ne se limite pas aux armes ni aux opérations. Elle commence aussi et peut-être surtout par les mots.

Infos27

